Ces façades portent une mémoire que le temps n’a pas effacée.
Trace mémorielle, marque volontaire apposée sur l’ordinaire, la plaque de l’Aufbau-Programm fonctionne comme une signature du temps. Elle rappelle la nécessité de reconstruire, mais aussi l’ambivalence de cette reconstruction : standardisation, idéologie, solidarité, urgence.
Toutes les photographies présentées dans cette série sont des images des portes des immeubles où ces plaques sont encore visibles, portant le symbole de Berlin et la date de construction, généralement comprise entre 1951 et 1961.
Ce sont des seuils. Des lieux de passage entre l’espace public et la sphère intime. Des fragments d’histoire encore palpables dans la ville contemporaine.
Mon exploration m’a conduit bien au-delà des façades. À travers chaque porte, chaque détail architectural, c’est une histoire de « survie, d’espoir, de planification sociale et de mémoire collective » qui se révèle.
Cette série invite alors à suivre ce parcours, à lire la ville comme un palimpseste, et à interroger notre manière d’habiter l’histoire.
Que voyons-nous encore ? Que choisissons-nous d’oublier ?
Et que racontent les murs, lorsque l’on prend enfin le temps de les écouter ?
Dans ces murs, le passé demeure, à qui prend le temps de le regarder.
