About

La photographie est pour moi un langage simple et direct.
Une manière de rester attentif à ce qui m’entoure, aux lieux que je traverse, aux silences qui s’y déposent.

Je photographie ce qui persiste : des espaces ordinaires, des fragments de ville, des traces laissées par le temps et par les usages. Ce sont souvent des lieux discrets, parfois oubliés, où quelque chose continue pourtant de se dire. J’y cherche une présence, une respiration, une forme de mémoire silencieuse.

Mon regard s’est construit lentement. Très tôt, la photographie m’a accompagné, d’abord de manière intuitive, presque instinctive. Une rencontre a ensuite marqué durablement mon rapport à l’image : celle de Willy Ronis dans sa maison à Gordes. À travers son regard et la simplicité de son approche, j’ai découvert qu’une photographie pouvait être à la fois humble et profondément habitée. Son Nu provençal, en particulier, en m’expliquant cette image accrochée dans sa salle manger, il m’a appris qu’une image pouvait toucher sans démonstration, par la justesse d’un geste, d’une lumière, d’un instant partagé.

Depuis, je cherche à photographier sans artifice, en laissant les choses advenir. Je m’attache à ce qui est là, à ce qui persiste dans les lieux que nous traversons sans toujours les voir. La photographie devient alors une manière d’être présent, d’accueillir le réel tel qu’il se présente, sans le contraindre.

Mon travail se développe dans une attention au temps, à la matière, aux silences. Il ne s’agit pas de raconter une histoire, mais d’ouvrir un espace de perception, une zone de calme où le regard peut se poser.
Photographier, pour moi, c’est tenter de retenir ce qui s’efface, et parfois, simplement, d’accompagner ce qui demeure.